août 21, 2026
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BORGOU / ÉCHANGES GOUVERNEMENT-CITOYENS: Wilfried Léandre Houngbédji face aux populations de Parakou. -NordBenin

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La salle des fêtes de la mairie de Parakou, ce mercredi 8 juillet 2026, était pleine à craquer. Membres de la Conférence administrative départementale, têtes couronnées, conseillers municipaux, conducteurs de taxi-moto communément appelés « zémidjan », femmes des marchés de la ville et étudiants de l’Université de Parakou, pour ne citer que ceux-là, étaient nombreux à avoir effectué le déplacement pour non seulement écouter l’émissaire du gouvernement de Romuald Wadagni, mais aussi lui poser des questions d’intérêt général, notamment sur les décisions et mesures sociales prises ces derniers temps par l’Exécutif.


La séance d’échanges, sans détour ni intermédiaire, entre les populations et le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, s’est déroulée en présence du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, et du maire de Parakou, Zul-Kifli Zakarie. À l’ouverture de la rencontre, les deux autorités ont successivement salué cette initiative avant de souhaiter la bienvenue à l’émissaire du gouvernement. Elles ont ensuite exhorté les participants à suivre les échanges avec attention et à y prendre une part active, dans l’intérêt de la cité des Kobourou.

Pendant plusieurs heures, Wilfried Léandre Houngbédji s’est prêté à un exercice consistant, dans un premier temps, à présenter et expliquer les tenants et aboutissants de plusieurs mesures sociales prises par le gouvernement béninois. Dans un second temps, il a répondu aux nombreuses préoccupations soulevées par les participants.
Parmi les sujets abordés figuraient notamment la santé, avec un accent particulier mis sur la prise en charge immédiate des patients dans les services d’urgence des hôpitaux publics, l’économie à travers la réduction des droits de place dans les marchés modernes ainsi que les mesures d’accompagnement en faveur des agriculteurs. Les échanges ont également porté sur l’extension de la gratuité des frais de scolarité des filles jusqu’en classe de terminale à compter de la prochaine rentrée scolaire, ainsi que sur la mise à disposition de nouveaux bus pour le transport des étudiants dans les universités publiques.

Pour illustrer la pertinence de la nouvelle mesure relative aux urgences médicales, le ministre a expliqué qu’aucun patient en situation d’urgence vitale ne doit être privé de soins faute de moyens financiers.
« Imaginons que la personne la plus riche de Parakou fasse une crise. Si l’on attend que ses proches arrivent ou qu’elle paie avant de la soigner, elle risque de mourir. Nous avons donc décidé que, lorsqu’il s’agit d’une urgence vitale, on soigne d’abord, puis le patient ou sa famille paie ensuite. »


Le ministre a toutefois tenu à dissiper toute confusion autour de cette réforme.
« Certains ont cru que tous les soins à l’hôpital public étaient désormais gratuits. Ce n’est pas le cas. Les soins d’urgence sont administrés immédiatement, mais ils restent payants après la prise en charge. Si l’État décidait aujourd’hui de rendre tous les soins gratuits, nos hôpitaux ne pourraient pas fonctionner durablement. »
Selon lui, les premiers résultats sont encourageants. En trois à quatre semaines de mise en œuvre, plus de 12 000 patients ont été admis aux urgences, dont environ 4 000 cas d’urgence vitale. Plus de 3 000 patients ont ensuite réglé leurs frais de prise en charge, soit près de 70 % des bénéficiaires.
Afin de garantir la disponibilité des médicaments et autres intrants médicaux, le gouvernement a également mobilisé une enveloppe d’un milliard de francs CFA au profit des hôpitaux publics.

Abordant la question des marchés modernes, Wilfried Léandre Houngbédji est revenu sur les nouvelles réductions des frais de location des places.
Il a rappelé que cette décision répond aux doléances exprimées par les commerçantes lors de la campagne électorale du président Romuald Wadagni.
Ainsi, les redevances mensuelles connaissent une baisse significative. Les places précédemment facturées à 21 000 FCFA reviennent désormais à 16 000 FCFA, celles de 18 000 FCFA passent à 12 000 FCFA et celles de 13 000 FCFA, comme au marché de Guêma, sont désormais fixées à 9 000 FCFA.
Le ministre a invité les commerçants à accompagner cette décision gouvernementale dans un esprit de responsabilité et de solidarité.
« Il faut que chacun puisse gagner sa vie, mais en tenant également compte des intérêts des autres. »

Le porte-parole du gouvernement s’est également attardé sur les mesures en faveur de l’éducation. Outre l’extension de la gratuité des frais de scolarité des filles jusqu’en terminale dans les établissements publics, il a annoncé le renforcement du transport universitaire.
Selon lui, 63 bus neufs sont déjà arrivés à Cotonou et une quarantaine d’autres sont attendus avant la rentrée académique.
« À la rentrée de septembre, vous aurez des bus neufs, en nombre jamais atteint auparavant. Les conditions de transport seront considérablement améliorées. Les universités qui ne bénéficiaient pas encore de ce service en disposeront désormais. »

Enfin, Wilfried Léandre Houngbédji est revenu sur l’interdiction de la commercialisation, de la distribution et de l’utilisation du produit phytosanitaire « Sniper ».
Il a rappelé que ce produit, déjà responsable de plusieurs décès au Bénin, présente de graves risques pour la santé humaine, aussi bien dans les ménages que dans les exploitations agricoles.
« Le Sniper a déjà tué des gens au Bénin. Mal utilisé, il peut contaminer les produits agricoles et provoquer des intoxications parfois mortelles. C’est pourquoi le gouvernement a décidé d’agir sans attendre davantage. »
Le ministre a précisé que le Bénin n’est ni le premier ni le seul pays à avoir interdit ce produit, plusieurs États ayant déjà pris des mesures similaires pour protéger leurs populations.

Au terme de ces échanges, les participants ont salué une séance riche en explications et en clarifications. Cette rencontre a permis aux populations de mieux comprendre les récentes décisions et mesures sociales prises par le gouvernement, dans un contexte marqué par la volonté de poursuivre les efforts en faveur du développement durable et de l’amélioration des conditions de vie des Béninois.

W.D.A


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